Beni-slimane

                                     Les Beni-Slimane

 

« Les beni Sliman n'étaient pas compris dans la province de Titteri ; pendant la domination turque rattachés à l'outhan des beni Khalifa, ils relevaient de l'Agha d'Alger ;  Abd el-kader les avaient placés sous l'autorité d'Ahmed ben Salem, kalifa de la province de Sebaou. Cependant il existe des rapports si intimes entre cette tribu et celles de la province du Titteri qui l'avoisinent, qu'il est indispensable de dire quelques mots sur les beni Sliman. Tout semble d'ailleurs les appeler à se réunir au gouvernement de Médéah.

On a déjà eu occasion de remarquer que les tribus soumises à l'agha d'Alger et lui fournissant des spahis étaient choisies de manière que, par leur position même, elles contenaient les tributaires, facilitaient de prompts rassemblements de forces, et surveillaient les projets des gouverneurs trop ambitieux. Pour la province de Titteri, ces tribus de l'agha l'enveloppaient dans toutes les directions ;les bou Aïch observaient le sud, le Djendel, l'ouest ; les Mouzaïa et les Soumatha, le nord et les beni Sliman et les Arib toute la partie orientale. Tous ces cavaliers avaient des privilèges qui les faisaient envier par les autres arabes. Ils ne laissaient échapper aucune occasion de faire sentir leur suprématie d'une manière humiliante pour les Raïas ( arabes qui payent les plus fortes contributions). Lorsque la province turque fut renversée, une réaction des plus violentes se déclara dans la province de Titteri contre les beni Sliman. Au moment de la réorganisation du pays par Abd el-kader, les passions étaient dans une telle fermentation qu'il ne put réunir les beni Sliman à Médéah, comme il en avait le projet. L'animosité s'éteignait peu à peu entre les deux partis, et après les malheurs de la guerre de 1840 et de 1841, les beni Sliman suivirent l'exemple des tribus de Titteri, se détachèrent du gouvernement de Ben Salem et vinrent faire leur soumission à Médéah.

 

Le territoire de cette tribu est très étendu ; il touche au nord aux beni Mouça, à l'est aux beni Djâd, à l'ouest aux beni bou Iakoub, au sud aux Ouled Sy Ahmed ben Ioucef, aux Djouab et aux Ouled Meriam. La population compte environ quinze cents hommes, en état de porte les armes et peut mettre en campagne de trois à quatre cents cavaliers. Les fractions de cette tribu sont très nombreuses, mais elles n'ont pas toutes la même importance.

 

Ouled Sultan,

Ouled Zenim,

Ouled Zeïana,

Ouled Thân,

Ahl el-Heuch,

Ouled Msellem,

Mellouan,

Beni Silem,

Beni Mâloum,

Beni Djoukhlal,

El-Bekar,

Beni Ouattas,

Beni Khannous,

Beni Azoun,

Beni Mahmed,

Beni ben Othman,

Beni Zekim,

Beni Allon

Trois marchés se tiennent chaque semaine sur le territoire des beni Sliman ; le premier a lieu le mercredi auprès de Djebel el-Heuch, le second est ouvert le jeudi chez les beni Silem, et le troisième le samedi chez les Mellouan, à l'endroit nommé Sebt el-Bellout (le samedi des chênes) ; tous ces marchés sont très suivis par les tribus de Titteri. Ils fréquentent eux même les marchés de Médéah, de Berouaguia, de beni bou Iakoub, des  Rebaïa, etc. ils ont aussi un débouché  dans la plaine de la Métidja et vont au marché de l'Arbâ. Le pays est très riche en céréales, toute la partie montagneuse est couverte de bois, les eaux n'y sont ni bonnes ni abondantes. Placés entre les Kabyles de la province de Sebaou, et les tribus de Médéah, les beni Sliman font un commerce d'échange très-considérable ; des montagnes ils amènent  des bœufs des mulets, des fruits secs, de l'huile et du savon ; du sud ils tirent les troupeaux et la laine, les chevaux leur viennent de chez les Arib. Ils possèdent aussi des chameaux dont ils se servent pour leurs relations avec les Arabes.

Du temps du gouvernement des Turcs, ils existait une communication directe avec la Maison-Carrée  à l'embouchure de l'Arrach et Médéah ; elle traversait le pays des beni Sliman. De la Maison-carrée, on allait au Haouch Ouled Selama, près de l'Arba ; puis au Sebt el-Bellout , près de Hadjera Salem ; enfin aux Telata (marché du mardi) des beni bou Iakoub et à Médéah ; on passait sur le territoire des beni Mouça, dans le Métidja, chez les beni Mahmed, les beni Azoun, les Mellouan, les beni Silem (des beni Sliman), les beni bou Iakoub, les Ouzra, et les Hassan ben Ali. On trouvaient les cours d'eaux suivants : Ganga Rouman, Bou Halban, Oued el-Harat, Oued Madala, oued Guergour. Cette route était souvent parcourue par les troupes qui venaient pour la perception des impôts vers le printemps. »

 

 D'après M.Urbain « Notice sur l'Ancienne Province de Titteri », 1843.

 

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